18.11.19 La vie d’un citoyen a donc un prix pour le politique

Carte Blanche – Boris Morenville, président du SLFP-Défense


Par des missions nationales et internationales, nos militaires ne sont plus assez pour assurer la sécurité des habitants du pays dont ils sont les garants.
Il ne s’agit plus ici d’évoquer les pantalons troués, les sacs à dos vétustes ou même le manque de chauffage dans les casernes mais bien du capital humain nécessaire aux missions de la Défense. C’est l’essence même d’une armée nationale qui est aujourd’hui mise en péril.

De l’inaction des politiques

Les programmes des partis politiques sont unanimes : il faut revaloriser le métier du militaire. Mais l’absence de gouvernement et de mesures plus que nécessaires ne permettent pas de stopper l’hémorragie. Pourtant, on a vu ces dernières années les militaires être engagés en urgence pour « sauver les meubles » pour d’autres corps de métier tels que gardiens de prisons ou encore la Police Fédérale,… Les militaires sont en effet les seuls citoyens à avoir signé un acte d’engagement au péril de leur vie et sont également les seuls à se voir refuser le droit de grève.

Au sein du SLFP-Défense, nous nous refusons à prendre en otage la population et les travailleurs mais nous dénonçons aussi le manque de respect et de reconnaissance pour le personnel de la Défense. Le jour approche où la carte « Défense » ne pourra plus être jouée ! Qu’en sera-t-il alors de la sécurité du pays ?

Budget et personnel : même combat !

Les analyses budgétaires sont unanimes : le budget alloué à la Défense est inversement proportionnel à notre croissance économique (cf. schéma). Cela signifie que le sous-investissement de notre armée est une dynamique connue de nos politiques et entamée depuis 1981 déjà. Les coupes budgétaires apparaissent incohérentes face au contexte sécuritaire et aux missions imposées à nos militaires tant sur le territoire national, avec l’Opération Vigilant Guardian notamment, qu’à l’étranger.

Cette situation a également un coût humain. La Défense n’arrive pas à recruter et n’atteint d’ailleurs pas ses ambitions en la matière. Parallèlement, nos militaires sont surchargés par de plus en plus de fonctions en cumul censées palier les départs en pension bien méritée de leurs collègues. Cette pression sur les membres du personnel pousse ainsi bon nombre d’entre eux, surtout les plus jeunes, à quitter l’organisation ! Sans réactions fortes de l’autorité militaire et de nos politiques, il sera impossible de briser ce cercle vicieux.

La Défense, en crise ?

Pour faire face à cette situation, la Défense vient de désigner une équipe de « transition » avec à sa tête un manager (en fait de crise) en la personne du Général-Major Marc Thys. Encore un acte manqué selon nous ! Les solutions ne sont en effet pas à chercher en interne mais se situent au plus haut niveau décisionnel, à savoir le gouvernement.

Bien que les organisations syndicales n’aient pas été consultées quant à la constitution d’une telle équipe de transition, le SLFP-Défense est prêt à aider cette équipe pour revaloriser le statut du personnel de la Défense.

Cependant, il apparait clair que le vécu et la déception de nos militaires ne sont toujours pas entendus. Le malaise est grand et il est nécessaire de rétablir la confiance entre le personnel et le haut-commandement. Pour cela, c’est le modèle managérial de la Défense qui doit changer afin qu’elle se libère enfin de son étiquette de « grande muette » !

Engagement syndical

Le SLFP-Défense axe tous ses efforts sur l’ensemble des mesures qui pourraient être prises pour renforcer la reconnaissance et le respect du personnel tant militaire que civil de la Défense. Notre force : connaitre le cœur des problématiques Défense tout en profitant d’un large réseau syndical au sein de la fonction publique. Cette situation inédite fait que nous avons accès à des leviers et à des organes de négociations qui dépassent le monde Défense. Et comme expliqué plus haut, la revalorisation du métier de militaire passera obligatoirement par un meilleur financement fédéral de notre Défense.

Des dizaines de propositions concrètes et structurées par domaine ont déjà été faites et seront encore martelées au futur gouvernement. Pour les connaître, n’hésitez pas à parcourir notre vision 2020-2030.

Nous sommes convaincus que ces mesures permettront de redonner un nouvel élan positif à l’ensemble du personnel de notre Département, tout en garantissant des meilleures mises en œuvre et condition des Forces Armées.
A ces fins, seul un engagement concret de l’autorité politique et militaire envers les organisations syndicales par un nouvel accord sectoriel démontrera le respect et la reconnaissance pour le personnel. Nous insistons sur le fait que celui-ci devra traiter sur le volet bien-être au travail, statutaire et pécuniaire pour tout le personnel de la Défense. C’est un travail en profondeur de longue haleine qui nous attend à l’aube de cette fin d’année 2019.