19.12.19 Négociation et Concertation

Vous ne le savez peut-être pas mais une grande partie du travail syndical est réalisé au profit du plus grand nombre. Chaque avant-projet de loi et projet d’arrêté royal ou ministériel ainsi que chaque modification du règlement est soumis à la négociation ou la concertation avec le cabinet du ministre et les autorités de la Défense. Notre travail : analyser ces projets et évaluer l’impact, positif ou négatif, sur les membres du personnel. Bien souvent, nous proposons des adaptations profondes à ces textes afin d’en améliorer l’issue pour le militaire et le civil.

Négociation et concertation, quelle est la différence ?

Les avant-projets de loi et projets d’arrêtés royaux ou ministériels sont soumis à la négociation lors des « CONEGO » organisés presque tous les vendredis à Evere et qui rassemblent les quatre organisations syndicales représentatives, les représentants de la DG HR et du Cabinet du Ministre de la Défense. Boris Morenville, responsable du pilier collectif et président du SLFP-Défense explique : « Négociation signifie qu’en tant que délégation syndicale que nous avons l’opportunité de négocier et de marquer notre accord ou non sur ces textes. Nous apportons alors les changements que nous jugeons nécessaires. Mais bien entendu, comme dans toute négociation, nous ne gagnons malheureusement pas toujours et certaines concessions sont à faire pour permettre de garder l’avantage sur d’autres dossiers. Il s’agit d’un juste équilibre à trouver ».

La concertation sur les règlements de la Défense se déroule, quant à elle, lors des Haut Comité de Concertation. Lors de ceux-ci, nous sommes invités à donner notre « avis » et non notre « accord ». « Cette différence est de taille, car cela signifie que la DG HR peut « passer en force » certains dossiers. Néanmoins ces cas de figure sont rares et notre approche vise clairement la collaboration dans l’intérêt de tous ! » précise Boris Morenville.

Rien qu’en 2019 et bien que le gouvernement était en affaires courantes, plus de 80 dossiers ont été concertés ou négociés avec l’état-major de la Défense ainsi que le cabinet du ministre de la Défense.

Notre première réussite fut un travail en coulisse colossal afin de faire comprendre au monde politique qu’un allongement de la carrière militaire sans mesure adéquate était irréfléchi et non respectueux des hommes et femmes qui risquent leur vie pour la sécurité des citoyens. Nous avons également insisté sur la conservation de notre système d’absence pour motif de santé et de la CMAR(A), qui reste à l’heure actuelle un système adapté aux spécificités de notre personnel.

Plusieurs points de notre vision 2020-2030 ont déjà été adoptés par la Défense. On retrouve notamment la mise à jour de l’allocation de bilinguisme conformément aux montants de la Fonction Publique ; l’octroi d’une allocation pour les volontaires exerçants des fonctions dans des catégories supérieures ou encore le système d’épargne-temps (dispense de service Flex) permettant de bénéficier d’une pause dans la carrière et ce sans perte financière.