25.10.19 Chronique d’un crash annoncé entre contrôleurs du ciel ?

Durant le mois de décembre 2019, les contrôleurs aériens militaires (ATCO’s) déménageront de Semmerzake vers Steenokkerzeel afin de travailler dans les mêmes installations que leurs homologues civils de Skeyes.

Au-delà d’un changement de lieu de travail, ce déménagement va modifier profondément les conditions de travail ainsi que les tâches quotidiennes de ceux-ci. En effet, l’accord entre la Défense et Skeyes prévoit à moyen terme une intégration entre militaires et civils dans l’exécution de certaines missions. Un militaire pourra dès lors « travailler » pour Skeyes !

Concrètement, cela signifie aussi qu’une partie indéfinie de nos Air Traffic Controlleur militaires recevront l’équivalence civile de leur licence leur permettant également de prétendre à une mobilité externe (au sein même de Skeyes mais également au sein d’autres organes tels que Eurocontrol). Il convient néanmoins de relativiser cette possibilité de mobilité qui, côté Skeyes, resterait pilotée par cette entreprise tant au niveau du nombre de places ouvertes que de la sélection.

Notre inquiétude 

Notre inquiétude se situe à plusieurs niveaux. Tout d’abord, considérant que les militaires bénéficient d’un revenu nettement inférieur à leurs homologues civils, il sera compréhensible que ces militaires choisissent alors de changer d’employeur pour bénéficier d’un meilleur salaire ! Comment la Défense va-t-elle pouvoir endiguer ces éventuels départs dans une filière de métier déjà en pénurie sans engendrer une nouvelle menace d’externalisation ? De plus, les militaires qui décideraient de rester ne recevront pas de compensations comparables à leurs homologues pour les prestations effectuées au profit de Skeyes et non de la Défense !

Nul doute que tous ces problèmes soulevés promettent un risque de tensions sociales entre des statuts différents de travailleurs qui, à l’origine, n’ont rien demandé à personne ! A moins que les militaires soient en cas de force majeure à nouveau utilisés comme briseurs de grève… A nouveau, nos militaires se retrouvent être du personnel « bon marché » dans des secteurs en pénurie. A quand des meilleurs respect et reconnaissance pour le personnel de la Défense ?