27.06.19 Update dans le dossier burnpits

Fumée toxique en opération : quel respect pour le personnel de la Défense ?


Suite au scandale des fumées toxiques en opération, le SLFP-Défense avait été le seul syndicat à saisir directement le plus haut organe de concertation chargé du bien-être au travail. Ce 27 juin, jour de la concertation sociale, la Défense n’a pas fourni de réponses suffisantes à nos questions. Le SLFP-Défense demande à nouveau d’obtenir un meilleur droit à l’information lorsqu’il s’agit des opérations et des exercices ainsi qu’une meilleure protection des droits des militaires en matière de pension de réparation.

Il y a deux mois, un scandale avait éclaté dans la presse quant à l’éventuelle exposition de militaires belges à des fumées toxiques liées à la combustion de déchets dans aux abords de leur campement en mission à l’étranger. Raison pour laquelle notre organisation avait, à nouveau, recommandé au personnel (militaire et civil) de la contacter en cas d’intoxication dans l’exercice de ses fonctions. Les témoignages n’ont pas manqué, aussi bien de travailleurs inquiets que de victimes de symptômes à ce jour inexpliqués.

Comme organisation syndicale responsable qui agit dans l’ordre et légalement, le SLFP-Défense avait directement saisi seule le plus haut organe de la Défense chargé du bien-être du personnel. Lors du comité de concertation ce 27 juin, les explications de la Défense concernant l’exposition à des pollutions atmosphériques et les éventuelles mesures de prévention et de protection des travailleurs se sont limitées à des éléments de bon sens mais ne débouchent malheureusement pas sur un plan concret permettant d’aider les victimes potentielles et de prévenir d’autres intoxications.
Malgré l’existence d’autres polémiques plus anciennes allant d’ondes radar pour des missiles à la présence d’uranium appauvri au Kosovo, nous constatons un manque de proactivité dans la prévention préalable, de la protection sur le terrain que du suivi à postériori. Le SLFP-Défense a déjà déploré à de multiples reprises que la concertation et le droit à l’information en matière de bien-être au travail ne soient pas systématiques lorsqu’il s’agit des opérations et exercices. Les décideurs aussi bien politiques que militaires ne sont même pas tenus de justifier la prise de risque calculée ou non vis-à-vis du personnel !

Aujourd’hui, seule une modification de la législation sur les pensions de réparation, consistant en un renversement de la charge de la preuve, permettra de mettre l’autorité devant ses responsabilités ! « Il n’est pas normal qu’un militaire soit dans l’obligation, des années après avoir risqué sa vie en opération, d’amener lui-même les preuves du lien entre ses pathologies médicales et sa mission en opération. Il serait logique ce soit à la Défense, en tant qu’employeur, de prouver qu’elle a mis tout en œuvre pour garantir la santé de son personnel en mission » - Dimitry Modaert, dirigeant responsable du SLFP-Défense. Le SLFP-Défense continuera de revendiquer lors de la prochaine législature les spécificités des membres du personnel de la Défense ainsi que le respect et la reconnaissance auxquels ils ont droit !